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30/07/2009 11H22

Serge Blanco par Denis Lalanne

Le parcours d'un équipier modèle

Serge Blanco_1

PHOTO - Serge Blanco, portrait réalisé en 2004. / René Tanguy  © Capgemini

Le journaliste et écrivain Denis Lalanne a rédigé en 2004 ce portrait de Serge Blanco , devenu Président du BOPB en 2008.



Serge Blanco a toujours présenté l'avantage à nos yeux d'incarner un champion futuriste sans cesser d'être un homme de tradition, très attaché aux valeurs qui ont amené le rugby jusqu'à nous : la simplicité, la gaieté, la fidélité à des couleurs et à des amis. Au rouge et blanc du Biarritz Olympique, nul n'a ajouté plus de bleu que ce joueur historique, mondialement reconnu, qui n'a pas supporté pour finir la perspective du déluge après lui. On l'a vu bondir à nouveau, s'arracher à ses affaires et à ses pénates, sitôt que l'image du BO lui parut compromise et son avenir dépendant de rafistolages intempestifs. On l'a vu s'engager moralement, mettre son prestige dans la balance, quand il a fallu, au nom des grands clubs français, opposer un brin d'imagination à la déferlante des événements.
Répétons que son action sur les deux tableaux prend en compte un héritage qui n'est pas toujours aussi cher à nombre des ses contemporains. Il est important pour Serge Blanco d'être digne d'une mère dans la vie, d'un Jaureguy et d'un Dauger sur le terrain, pour évoquer ses deux grands ancêtres au firmament du rugby basque. Il a pour ses aînés un respect naturel, jamais retenu, jamais outré, dont Michel Celaya pourrait témoigner, véritable fortifiant pour la pérennité du jeu.

Nous pensons que cette disposition d'esprit est la bonne pour avoir suffisamment observé que la force et l'illustration des grands jeux de balle anglo-saxons reposent sur le culte de leurs héros, la lecture de leurs exploits, la référence à des techniques et des tactiques, fussent elles dépassées par les accélérations de l'espèce. Nous pensons que, les choses vues d'un peu haut, il n'y a pas de fatalité, seulement des rebondissements, dans l'histoire d'un club véritable et celle du jeu qui nous attache. Aujourd'hui, pour paraître de son temps, celui du professionnalisme rampant et des bombardements médiatiques, il est de bon ton de railler cet esprit qui a dicté l'action de Serge Blanco en vue de sauver, autant que faire se peut, l'idée qu'il se fait du Biarritz Olympique depuis le plus jeune âge : un club pour la vie, quelque chose comme une deuxième maison. Dépêchons-nous d'en rire ou de l'en blâmer. Un homme qui, pour son dernier match à Twickenham, a fait marquer un essai de cent mètres en faisant le grand tour derrière ses poteaux, ne peut pas partir battu contre de vulgaires circonstances. Rappelons-nous seulement ces deux saisons où l'effet Blanco a déjà opéré de façon décisive. Saison 1988/89. Le BO est aux enfers du groupe B et l'on comprendrait que son célèbre arrière, sollicité comme on l'imagine par des clubs gloutons et par la vie de star, en conçut quelque lassitude. Mais non, tout au contraire, il se livre doublement, se multiplie sous les chandelles, sous les provocations de matamores de chef-lieu de canton.

Cette saison sera, par extraordinaire, celle d'une finale de challenge du Manoir perdue de justesse contre Narbonne après avoir éliminé au passage Brive, Toulon, Bourgoin. Et deux ans plus tard, ce sera la saison de la pleine réhabilitation biarrote, celle de la finale du championnat contre Toulon. Un joueur au coeur énorme a fait ça pour le seul club qu'il ait voulu servir, la seule ville où il ait voulu vivre. C'est tout simplement le parcours d'un équipier modèle que celui de Serge Blanco, depuis le temps où il enchantait le public d'Aguiléra avec les gamins du lever de rideau jusqu à son engagement présidentiel, sans doute la relance la plus osée de sa carrière. Si nous avons évoqué ce parcours à grands traits, c'est moins pour grossir un press-book qui encombre déjà ses greniers que pour l'espoir qu'il représente pour le BO de demain, non seulement son équipe fanion mais aussi son ardente marmaille, ayant été l'as de l'une comme de l'autre. On comprend que le sang de Serge Blanco n'ai fait qu'un tour quant il lui vint aux oreilles que le BO de ses amours avait vécu et qu'il lui faudrait se défaire d'une casaque passée de mode. Le fait est que notre championnat, avant de se fixer sur la formule la plus durable, va devoir se prêter pendant quelque temps à l'affrontement entre signes extérieurs de richesse et signes intérieurs, entre le compte en banque et l'attachement aux couleurs.

Il a fallu beaucoup de richesse intérieure au BO pour s'en sortir, comme on l'a vu, à plusieurs reprises ; des ressources morales qu'une puissante écurie n'aurait peut-être pas dégagées. Serge Blanco a tenu le pari. Lui qui jouait déjà le rugby de l'an 2000, il jure toujours par le maillot qu'ont mouillé avant lui les meilleurs pousseurs comme les plus poussifs de la fière cohorte des aînés.

© Denis Lalanne 






Vos commentaires

8 commentaires | Voir tous les commentaires

anne

20/09/2009 17H45

Denis Lalanne

Bonjour,

Très bel article.
Je souhaiterais rentrer en contact avec avec monieur Lalanne, est-il possible de lui écrire svp?

D'avance je vous remercie pour votre aide.

Anne

Miarritzeko- Muttilak

31/07/2009 23H44

Un Grand Monsieur

Serge Blanco , un grand nom du Rugby Mondial, il a fait rever des générations et continu à rester un mythe pour tout joueur de Rugby!
Meme en Groupe B , il a su rester fidel à son club malgrés les solicitations des plus grands clubs de l'époque et les haut salaires qui ont puent lui etre proposés.
Maintenant , il est toujours au club, il arrive au moment ou on a encore plus que jamais besoin de lui, un VERITABLE éxemple d'amour pour son club de toujours le BOPB.
On sera toujours derriere notre BOPB et surtout derrier toi Serge!
Aupa BO, Aupa Serge! La machine est lancé

JN

26/06/2009 01H53

À l'attention de M. Serge Blanco (le 19/08/2007)


Bonjour, de nationalité irlandaise, vivant en France, marié à une française avec des enfant nés en France, je connais bien le sud-ouest car je passe régulièrement mes vacances en familles en Gironde ou dans les Landes. J'aime beaucoup la nature et je trouve le paysage très proche du paysage irlandais. Je trouve les gens accueillant et d'un abord agréable et je me sens à l'aise. C'est pourquoi je suis particulièrement choqué par les comportements de certains joueurs bayonnais lors du match Bayonne-Irlande de la semaine dernière. Je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon indignation devant les brutalités de "certains" joueurs bayonnais et des propos des cadres de l'équipe qui ont contribué à ces violences avant et après le match. Le capitaine bayonnais, Richard Dourthe, a une grande part de responsabilité dans ce qui s'est passé. La veille du match, il avait annoncé vouloir casser O'Driscoll car cela faciliterait la tâche de l'équipe de France. En tant que capitaine de l'équipe bayonnaise, quelle exemplarité! Monsieur Dourthe a annoncé par la suite qu'il plaisantait mais les faits sont là. Quand on lance des propos comme ceux-là, il y en a toujours des idiots pour passer à l'acte. Résultat: un joueur totalement anonyme va passer à la postérité comme celui qui a essayé de casser un des meilleurs centres du monde dans un match amical sans enjeu 4 semaines avant la plus grande fête du rugby!! Même si l'équipe de France n'a rien à voir avec ces comportements, la France a-t-elle besoin de tels agissements pour gagner? La fin justifie-t-il les moyens? Quelle exemplarité pour les jeunes qui pratiquent le rugby car ainsi on leur annonce que tous les coups sont permis pour gagner, y compris la tricherie et la veulerie! J'avais une autre idée des gens du sud-ouest et des bayonnais. Je suis certain qu'ils n'adhèrent pas à la vision du sport proposé par Richard Dourthe qui me deçoit d'autant plus qu'il est ancien international qui a joué à Landsdown Road. Mais Richard Dourthe n'est pas seul en cause. Le président de Bayonne, Monsieur Salagoity, annonce dans Sud Ouest que les irlandais étaient co-responsables des brutalités! Ces propos engagent également la responsabilité de Monsieur Salagoity qui cherche à défendre l'indefendable! Car quel était l'intérêt des irlandais à jouer dur? A qui profite le crime? C'est les bayonnais qui ont invités les irlandais à faire le match, c'est les bayonnais qui ont eu une recette exceptionnelle de plus de 76000 euros et c'est les bayonnais qui ont eu la chance d'avoir les projecteurs braqués sur leur ville. Quelle occasion pour eux de donner un bel image de leur ville aux visiteurs irlandais! Pourquoi les irlandais voudraient-ils jouer brutalement contre une équipe de bas de tableau du Top 14? Si on se fait agresser dans le métro, si on écoute Monsieur Salagoity, il ne faudrait pas se défendre mais tourner l'autre joue de peur de se faire passer pour l'agresseur! Finalement, dans l'exemplaire de jeudi dernier du journal Sud Ouest, il y avait un article concernant 150 jeunes irlandais rugbymen en vacances à Soustons dans les Landes qui allaient participer au match. Quel est l'intérêt pour des joueurs comme O'Driscoll, O'Gara, O'Connell, D'Arcy etc. de jouer brutalement devant des jeunes qui les idolisent et qui les prennent pour des héros? A qui profite le crime demandait déjà Cicéron il y a plus de 2000 ans! Les irlandais ne tirent aucun gloire de la brutalité et cherchent à produire du jeu comme les français en produisaient du temps de Sella et de Saint André, de Mesnel et de Camberabero. Ils savent que pour gagner contre la France en septembre, il faudra produire du jeu et que la force brute ne suffira pas. Les propos de certains cadres de l'équipe bayonnaise ne font que réfleter la pauvrété intellectuelle et morale de gens qui ont capté le rugby à des dessins commerciaux mais qui n'ont aucune compétence pédagogique ou éducative et qui n'ont pas leur place dans le rugby champagne que l'on aimerait voir en France.

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