08/01/2013 04H16
Tonio Garcia
Un cœur gros comme ça

PHOTO - Tony Garcia et Jean-Martin Etchenique / Photo Bernard
Des joueurs et des hommes ont jalonné l’Histoire du BO, dont on fête le centenaire cette année. Avec fierté, courage et talent, ils ont toujours donné à leurs couleurs le meilleur d’eux-mêmes.
Le 12 avril 1970, Michel Celaya, l’entraineur du BO, préparait un seizième de finale à Lourdes face au Stade Toulousain, finaliste du championnat la saison précédente. Après avoir déjà incorporé à la mêlée Michel Beraud, à peine âgé de dix-neuf ans, le père du rugby biarrot lancera deux juniors Crabos dans la bataille : Bernard Forestier en pilier et Tonio Garcia en numéro 8. Au cours de la rencontre le grand Pierre Villepreux, auteur de dix-sept points, n’aura d’égard pour les "gosses" du BO défaits (20-5).
A partir de ce jour, pendant plus de dix ans, Tonio, le taiseux, sera de toutes les aventures des Rouge et Blanc. Inlassable guerrier, véritable chevalier Bayard, sans peur et sans reproches, le natif d’Halsou sera de toutes les batailles du BO. Au plus fort du combat, Tonio répondra toujours présent comme lors de cet impressionnant homme à homme d’un BO-Stado Tarbais qui fit rugir Aguiléra et frisonner la France du rugby devant sa télé en noir et blanc. Dur au mal, Tonio possédait une qualité qui ferait saliver nombre d’entraineurs modernes : sa polyvalence. Pour les besoins de son club de toujours, Tonio a joué à tous les postes du pack d’avants du BO : de pilier gauche à numéro 8 en passant par talonneur ou deuxième ligne de soutien. Un record qui n’est pas près d’être égalé.
Avec le temps, le taiseux est devenu plus bavard et son œil s’allume lorsqu’il raconte à ses amis ses secrets de mêlée. "Si j’avais joué dans le Top 14, je crois que j’aurais fait un honnête talonneur" avance-t-il en toute modestie. Aujourd’hui, Tonio Garcia, jeune retraité, donne de son temps au BOPB pour des taches logistiques. Une autre façon pour lui de servir le maillot rouge et blanc qu’il a toujours si fièrement porté et défendu.